Herbe-à-pipe et plantes fantastiques, la flore de Terre du Milieu

couverture de la botanique de terre du milieu

Voilà des années que cet ouvrage en anglais de Walter S. et Graham A. Judd prend la poussière dans la bibliothèque ! Et c’est grâce à Robin Isnard qu’il en est sorti, puisque ce dernier m’a invité à venir parler de la flore de Terre du milieu sur sa chaîne, « Tout se comprend« . Oui, tous les prétextes sont bons pour parler de plantes, même le légendarium de J.R.R Tolkien, probablement l’un des plus célèbres auteurs de Fantasy qui soit. Et vous verrez que l’écriture de fiction n’est pas son seul talent !

Au commencement, l’arbre

Tout bon univers se doit d’avoir sa mythologie et sa genèse.
Dans l’oeuvre de Tolkien, la création du monde (Arda) est contée dans le Silmarillion.

Si vous êtes un vrai fan du Seigneur des anneaux, vous connaissez probablement le nom de ces deux arbres mythiques : Laurelin et Telperion. Créés par le chant de Yavanna, l’une des reines des Valars, amoureuse de toutes les choses qui croissent, ils irradient d’une douce lumière qui éclaire le monde au commencement du temps.

Laurelin est un arbre au feuillage vert clair, comme si les feuilles venaient d’en émerger. Son nom signifie « Or chantant », « Or suspendu » ou « Arbre d’or » selon les traductions. Ses grappes de fleurs jaunes et tombantes évoquant celles d’un Laburnum émettent une douce lumière dorée. Sa lumière brille seule pendant 10h de jour, avant de décliner.

Telperion est un arbre au tronc blanc. Ses feuilles sont d’un vert sombre sur le dessus, d’une paleur argentée sur le dessous. Son nom signifie « Arbre d’argent ».
Ses fleurs blanches évoqueraient celles d’un Prunus, et irradient d’une lumière d’argent pendant 6h.

Pendant de brèves périodes de temps, les lumières dorées et argentées de Laurelin et Telperion se mélangent. L’alternance de leur luminosité créé un semblant de cycle journalier.

Roger Garland, The Two Trees of Valinor


Malheureusement, ces arbres seront rapidement détruits par Morgoth (spoiler, c’est un grand méchant), et de leur lumière ne subsistera que celle enfermée dans les Simarils, des joyaux légendaires. Mais Yavanna créera une réplique exacte de Telperion, nommé Galathilion. Les descendants de cet arbre donneront les arbres blancs du Gondor. La seule différence avec Telperion est qu’ils ne produisent aucune lumière.

Blason du Gondor et son arbre blanc

Les arbres sont représentés dans de nombreux autres mythes et civilisations. Vous connaissez probablement cette histoire de pomme de la connaissance sur le pommier du Jardin d’Eden, ou ces deux figuiers sycomores devant la porte Est du paradis, à travers laquelle le dieu Ra passait tous les matins… Ou encore Yggrasil, l’arbre monde de la mythologie nordique, qui relie le monde souterrain au monde des dieux. Sur son tronc se trouvait d’ailleurs Midgard, le monde des humains… un nom qui n’est pas sans rappeler le « Middle-Earth », ou Terre du Milieu (1, 2) !

Quel temps fait-il en Terre du Milieu ?

La Terre du Milieu est par bien des aspects assez similaire à l’Europe centrale ou l’Amérique du Nord. Avec un climat assez tempéré, plus froid au Nord, plus chaud et sec au Sud. A l’ouest se trouve la Grande Mer (Belegaer) (3).
Si on regarde un peu, régions par région, on retrouve tout au nord un biome que l’on appelle la toundra, première strate de végétation. De grandes plaines herbeuses, des mousses, des lichens… ce n’est pas vraiment la jungle tropicale. Si on descend un peu, on passe de steppes froides à des landes de buissons (comme les bruyères), pour arriver à des zones de forêts mixtes de résineux (sapins, épicéas, mélèzes…), ce que l’on appelle la taïga ou forêt boréale et qui représente 10% des terres émergées sur Terre.
Les forêts de résineux se retrouvent également en hauteur, sur les chaînes de montagne un peu partout en Terre du Milieu.
Au bord de la mer à l’est, on est sur un climat océanique tempéré, (ce que l’on pourrait avoir en Angleterre). C’est le climat de l’Eriador où se trouve la Comté, le pays des Hobbits, ses petits bois mignons, ses prairies et ses champs. Puis à l’ouest, plus à l’intérieur des terres, un climat continental. On y retrouve des forêts de chêne et de feuillus, et plus bas de grandes plaines herbeuses.
Si on descend vers le Gondor plus au Sud, on passe sur une zone plus sèche, méditerranéenne, avec des steppes plus arides. Tout au Sud se trouve le pays mystérieux des Haradrims, des hommes des sables qui partent en guerre contre Sauron avec leurs oliphants géants (qu’ils appellent les mumakils). Alors que les régions tempérées sont décrites avec force détails, Tolkien ne détaille guère les régions du Sud. Il faut dire qu’il ne s’y est guère aventuré de son vivant.
Dans sa correspondance numéro 294, il nous donne quelques informations sur les distances : « L’action de cette histoire se déroule dans le nord-ouest de la « Terre du Milieu », à une latitude équivalente à celle des côtes de l’Europe et des rivages du nord de la Méditerranée. […] Si l’on place Hobbitebourg et Fondcombe (comme je le conçois) à peu près à la latitude d’Oxford, alors Minas Tirith, 1 000 km plus au sud, se trouve à peu près à celle de Florence ; les bouches de l’Anduin et Pelargir, l’ancienne cité, à celle de l’ancienne Troie environ. »

La météo du Seigneur des anneaux !

Pour découvrir toutes les subtilités du climat de la Terre du Milieu, rendez-vous dans l’épisode « Climatologie n’est pas Magie » sur la chaîne Twitch Tout se comprend.
Les nombreuses forêts de Terre du Milieu sont le théâtre de nombre des intrigues du Seigneur des anneaux, les fans reconnaîtront les noms de la forêt de Lothlorien (Pays aux fleurs d’or, ou pays d’or), le bois de Mirkwood (ou forêt Noire) ou la forêt de Fangorn dans laquelle vivent les Ents… dont nous parlerons plus tard !

Quelques plantes de Terre du Milieu

D’après les auteurs de « la flore de Terre du Milieu », l’oeuvre complète de Tolkien cite 141 plantes, de façon plus ou moins succincte (3). On y retrouve des plantes caractéristiques de toutes les écosystèmes mentionnés plus haut, décrites avec parfois beaucoup de réalisme.
Comme toute bonne flore, qui vise à représenter, décrire et faciliter l’identification de toutes les plantes d’une région du monde, le livre est si complet qu’il propose même une clé de détermination avec la liste des organismes de Terre du milieu, et la liste des plantes herbacées. Certaines plantes sont totalement inventées, et d’autres sont très similaires à des plantes existantes. Je vous propose d’en découvrir quelques unes !
En tout cas, beaucoup ont une histoire, des origines, et ont subi de nombreuses migrations et acclimatations entre les civilisations elfiques du 1er Age, l’île de Numénor au deuxième Âge puis l’arrivée sur la Terre du Milieu et le troisième Age.

L’Athelas

De toutes les plantes citées dans le Seigneur des anneaux, je suis quasiment sûre que c’est la seule dont vous vous souveniez. Mais oui, rappelez-vous. Frodon se retrouve blessé au couteau par un Nazgûl. Or, la lame est magique et menace de le faire passer dans des limbes très effrayantes… le côté obscur, la mort quoi. Aragorn sort cette plante aux moultes vertus médicinales pour soigner la blessure et l’esprit du pauvre hobbit. Elle est décrite comme une plante à feuilles longues, à l’odeur douce et forte lorsqu’on les écrase, piquante lorsqu’on les fait sécher.
La plante aurait été introduite par les Dunédain, le peuple de Numénor et ses vertus ne se révèlent qu’entre les mains des vrais rois du Numénor.
D’après les auteurs de la « flore de Terre du Milieu », cette plante fictive pourrait s’apparenter à la consoude (Symphytum officinale). Dans la vraie vie, elle contient de l’allantoïne, une molécule utilisée en cosmétique qui promeut la cicatrisation et la régénération de la peau. Une propriété qui pourrait coller avec les usages de l’athelas dans le roman…

Allantoïne
Grande consoude – Agnieszka Kwieciéen – CC BY 2.5

Elanor

L’elanor est une plante elfique importante le seigneur des anneaux. Tolkien la mentionne dans des régions particulières, toujours sacrées pour les elfes. Au premier Age, dans les villes de Doriath et Gondolin, puis en Lothlorien au second et troisième Age. Selon sa description, elle ressemble au mouron rouge (Anagallis arvensis, renommée Lysimachia arvensis), avec ses fleurs à 5 pétales en forme d’étoile. A la différence de cette espèce réelle, l’Elanor est purement ornementale et symbolique. Elle possède des fleurs or et argent et brille d’une douce lumière. En Sindarin (langue elfique), Elanor signifie « Soleil étoile ».

Lysimachia arvensis – Gouan – CC-BY-3.0

Anecdote, si vous cherchez des infos sur cette plante, vous tomberez probablement sur des sites d’homéopathie. Les granules réalisées à base de dilutions d’Anagallis arvensis sont apparemment utilisées contre l’eczéma et autres troubles dermatologiques. La plupart des sites qui en parlent la mentionnent comme le « mouron rouge (ou mouron des oiseaux)« . En réalité le mouron rouge et le mouron des oiseaux (Stellaria media) sont deux plantes totalement différentes… comme quoi, les marchands d’homéopathie ne sont pas tous botanistes !

Lissuin

Le lissuin est une plante elfique, apportée par les elfes à Numénor. On retrouve mention de cette plante uniquement dans les « Contes et Légendes inachevés », dans laquelle elle est citée comme une plante odorante, qui servit à décorer le navire pour le mariage d’Erendis et Aldarion, le sixième roi du Numénor. On ne sait pas exactement à quoi cette plante pourrait correspondre dans le monde réel, mais cela montre au moins que les elfes sont d’excellents horticulteurs et que les plantes ont une dimension d’agrément, de symbolisme et de spiritualité.

Niphredil

Le niphredil est une petite fleur blanche comme la neige, que l’on peut comparer, selon la description de Tolkien a un perce-neige (Galanthus nivalis). Son étymologie sindarin correspond à « Snowdrop » ou « goutte de neige ». Dans le monde réel, ces plantes délicates sont les premières à fleurir, avant même l’hiver achevé, grâce à leurs réserves d’énergie emmagasinées dans des bulbes souterrains.
Pour retrouver toutes sortes d’infos incroyablement intéressantes sur les perce-neiges, rendez-vous sur ce fil twitter du plantoscope.

Simbelmynë

« Regarde » dit Gandalf. « Comme ils sont beaux, ces yeux brillant dans l’herbe ! On les appelle “mémoires éternelles”, simbelmynë dans cette terre des Hommes, car elles fleurissent en toutes saisons, et elles poussent où reposent les défunts. » – Le Seigneur des anneaux, volume 3, chapitre 6.
Selon Tolkien, elles s’apparentent à des anémones sylvie (Anemone nemorosa) avec leurs fleurs blanches à 6 pétales. Contrairement aux anémones qui ne fleurissent que très tôt au printemps, les simbelmynë font comme des yeux sur l’herbe, toute l’année, mais surtout sur les tombes des rois défunts. Une plante associée à la mémoire donc, comme peuvent l’être les coquelicots ou les bleuets pour nos guerres à nous.

Parterre de forêts d’anémones sylvie – CC – BY – 3.0

Mallorn ou Mallyrn

Les mallorns sont de grands arbres aux troncs blancs et au feuillage doré à l’automne. Originaires de Tol Eressëa en Valinor, ils ont été apportés aux rois de Numénor au deuxième Âge. Seule Galadriel parvient à réellement les acclimater en Terre du Milieu. Bien qu’ils pourraient s’assimiler aux hêtres dans la forme de leur branchage, les Mallorn sont en réalité beaucoup plus grands. Si grands qu’ils permettront aux elfes de la Lorien (bois doré) de construire leur cité, Caras Galadhon.

Caras Galadhon, cité elfique au coeur de la Lorthlorien

Les feuilles sont un symbole de sagesse et de protection, on les voit en broches sur les capes de la communauté de l’anneau…

Broche en feuille de Lorien

Elles permettent aussi d’envelopper le Lembas, ce pain elfique riche et nutritif qui permet de faire des randonnées dans le Mordor sans craindre de mourir de faim.
Sam Gamegie, après la guerre de l’Anneau, plantera une noix argentée de mallorn, offerte par Galadriel, dans son village de la Comté. Il fleurira chaque année ensuite, inondant le paysage d’une pluie de pétales.

Le Lembas

Alors parlons-en du lembas !
Avec le fameux « pain de route » qui redonne de la vigueur à nos aventuriers de l’Anneau, Tolkien rappelle que l’on peut parler de plantes également sous un aspect culturel. La préparation du lembas est entourée de mystère et de spiritualité. Seules des elfes d’un rang particulier, les Yavannildi (servantes de Yavanna) peuvent récolter le blé et préparer le pain. Le blé est secrètement gardé dans des champs à l’abri de tout intrus, car il s’agit d’un blé particulier conçu par la reine des Valar en personne. Il ne souffre d’aucune maladie, et pousse avec une vigueur qui se transmet au pain à base duquel il est préparé. Tolkien précise d’ailleurs que selon lui, aucune analyse scientifique en laboratoire ne permettrait d’identifier les ingrédients exacts du lembas… un mystère donc.

Heureusement, des générations de fans ont pris le relais pour nous proposer des recettes de lembas revisitées… à vous de jouer si vous voulez le reproduire à la maison !

D’après le fils de Tolkien, Christopher, le « pain de route » pourrait s’assimiler à « waybread », nom vernaculaire donné au plantain, qui rentre dans la composition de certaines recettes magiques du 6e siècle comme le « Charme de Neuf Herbes« , capable de contrer, selon la légende, le venin de serpent.

C’est la seule nourriture qui est mentionnée du côté des elfes dans tous les cas, alors que l’on parle de nombreux arbres et environnements de leur cité. Ceci suggère que les elfes, par essence sont plus un peuple de raffinement, versé dans l’horticulture et le paysagisme que d’autres habitants de Terre du Milieu comme les hobbits.

L’herbe à pipe

En Comté, de nombreux champs cultivés alternent avec de petits bosquets et de petits bois. La zone est vallonée et propice à l’agriculture, et les hobbits cultivent dans leurs mignons petits potagers toutes sortes de plantes et de légumes qui nous sont parfaitement connus : chou, carotte, laitues, houblon, oignons, pois, concombres…. La plupart de ces plantes sont très standards de l’Angleterre contemporaine de Tolkien.
Les seules exceptions sont le tabac (Nicotiana tabacum) désignées par « herbe-à-pipe » et les pommes de terre (Solanum tuberosum), désignées par « taters » dans le livre en anglais. La raison évoquée est que ces plantes provenant d’Amérique du Sud, il fallait leur donner une appellation qui fasse plus ancienne. Pour évoquer une agriculture et une alimentation plus traditionnelle, et moins contemporaine et mondialisée du côté de la Comté.

Ce que l’oeuvre nous dit de son auteur

Croyez-le ou non, Tolkien devait lui même être un peu botaniste pour livrer tant de détails dans ses ouvrages (4,5) ! Et ces détails, patiemment recensés dans l’ouvrage dont je vous ai parlé ne sont pas simplement là pour décorer. Ce sont grâce à ces descriptions précises, ces petites touches de précision sur l’environnement et la vie quotidienne des peuplades de Terre du Milieu, que Tolkien nous embarque dans son univers. Le récit serait-il aussi immersif sans ces pointes de réalisme ?

Cette description du monde végétal nous rappelle aussi que la Terre du Milieu, par bien des aspects est proche de notre monde. La Comté, paysage de douces collines, de bosquets n’est pas sans rappeler la campagne anglaise dans laquelle Tolkien a passé l’essentiel de sa vie après le décès de son père en 1896.

La mère de John Tolkien, Mabel, lui enseigne très tôt la botanique et les langues étrangères, semant les graines pour faire germer l’éminent linguiste que l’on connaît. Dans son oeuvre, il créera près d’une dizaine de langues, dialectes et alphabets pour chacun des peuples de Terre du Milieu. Il pousse le détail jusqu’à créer un certain nombre de mots pour décrire les plantes en elfique !

Dans cet exemple, quelques mots de vocabulaire botanique en Sindarin et en Quenya :
(Non, les arbres qui font des glands et des pommes en même temps n’existent pas, au cas où vous vous posiez la question.)

Vocabulaire botanique de deux langues elfiques inventées par Tolkien : le Sindarin et le Quenya

Chez les elfes, pour qui les plantes ont une grande importance, on retrouve même des mots pour différencier les règnes, et les morphologies de plantes ! « Olvar » désigne ainsi toutes les choses vivantes qui vivent avec des racines dans le sol, et « Kelvar » tous les organismes qui peuvent se déplacer. En Sindarin, les elfes distinguent également les « Galadh » (arbres avec des troncs épais et un branchage dense, comme des chênes) des « Orn » (arbres plus fins aux branches montantes… comme les peupliers) ou des « Gwin » (vignes). Arbre se dit « Alda » en Quenya, alors que « Vinë » signifie vigne.

Sa passion pour les arbres, la nature et sa préservation se traduit également au travers des ents. Ces arbres doués de vie, créés par le Dieu Iluvatar sur les conseils de Yavanna, sont les bergers et défenseurs de la forêt. Ils partent en guerre contre Saruman, lors de la très spectaculaire bataille d’Isengard. Le sorcier corrompu a abattu tous les arbres de la région pour alimenter ses feux et lever son armée… forcément, ça énerve. Cette situation évoque ainsi l’inlassable industrialisation de la campagne anglaise, à laquelle Tolkien a assisté de son vivant.

L’attaque d’Isengard par les Ents

Le Seigneur des Anneaux et la Terre du Milieu est certes une « fable » de fantaisie, mais son auteur s’est bien inspiré de notre monde pour le dépeindre. Comme toute bonne fable, il nous rappelle les forces et les faiblesses des protagonistes que nous sommes. Les grandes batailles de la guerre de l’Anneau ne sont pas sans rappeler, par leur réalisme, que Tolkien était au front pendant la première Guerre Mondiale. Les méfaits et la cruauté de Sauron pour régner sans partage sur le Monde pourrait nous rappeler la montée en puissance du nazisme.

Tolkien en uniforme, 1916

Tolkien est indéniablement un grand maître de l’écriture, et l’adaptation de ses romans en films a également été un grand challenge : vous vous imaginez modéliser toute cette nature (6) ? La création de plantes dans les jeux vidéos fera probablement l’objet d’un article dans un futur proche.

En résumé :

On peut dire qu’avec tout le soin apporté à la description des milieux naturels et des végétaux, l’oeuvre de Tolkien est une véritable ode aux plantes et à la nature. Elle a inspiré plusieurs générations de fans dans tous les domaines, y compris des botanistes et des scientifiques !

Si vous voulez briller en société, sachez par exemple qu’un gène a été nommé « hobbit ». Il code pour une protéine responsable du développement de la racine chez la plante (7). C’est également le nom d’une variété de crassulacée que tous les fans de plantes grasses ont chez soi : Crassula ovata var. hobbit. Une fougère arborescente du crétacé, désormais éteinte, porte le nom de Yavanna chimericae (8)! Et il n’y a pas que chez les plantes que des noms en rapport avec l’oeuvre se retrouvent. De l’astronomie à la biologie, des dizaines de noms portent hommage à Tolkien et ses personnages, lunes de Titan ou animaux bizarres. La liste complète est disponible sur internet.

Crassula ovata var. hobbit


Apprendre à faire attention à ces petits détails, voilà l’objectif de la « flore de Terre du Milieu ». Nous avons tellement l’habitude que les plantes fassent partie du décor (on parle d’aveuglement aux plantes), que nous prenons même plus le temps de les observer, alors qu’elles sont pourtant les fondements de notre civilisation. Mythes, légendes, culture, alimentation, construction… sans plantes, il n’y aurait rien ! Nous avons cette réalité, cette dépendance au monde végétal, avec les personnages à qui l’auteur a donné vie dans ses sagas… Il est toujours bon de s’en rappeler !

Pour aller plus loin :

  1. Amendt-Raduege, A. The Plants of Middle-earth: Botany and Sub-creation (review). Tolkien Studies4, 290–293 (2007). : DOI : 10.1353/tks.2007.0000
  2. Curry, P. Defending Middle-Earth: Tolkien: Myth and Modernity. (HMH, 2004).
  3. Judd, W. S. & Judd, G. A. Flora of Middle-Earth: Plants of J.R.R. Tolkien’s Legendarium. (Oxford University Press, 2017).
  4. Juhren, M. The Ecology of Middle Earth. Mythlore: A Journal of J.R.R. Tolkien, C.S. Lewis, Charles Williams, and Mythopoeic Literature2, (1970).
  5. Coupe, L. The Green Studies Reader: From Romanticism to Ecocriticism. (Psychology Press, 2000).
  6. Wong, J. C. & Datta, A. Animating real-time realistic movements in small plants. in Proceedings of the 2nd international conference on Computer graphics and interactive techniques in Australasia and South East Asia 182–189 (Association for Computing Machinery, 2004). doi:10.1145/988834.988866.
  7. Willemsen, V., Wolkenfelt, H., de Vrieze, G., Weisbeek, P. & Scheres, B. The HOBBIT gene is required for formation of the root meristem in the Arabidopsis embryo. Development125, 521–531 (1998). (PMID: 9425146)
  8. Vera, E. I. New cyathealean tree fern, Yavanna chimaerica gen. et sp. nov., from the Early Cretaceous of Livingston Island, Antarctica. Cretaceous Research44, 214–222 (2013). (DOI : 10.1016/j.cretres.2013.04.011)

Publié par Le Plantoscope

Diplômée de biologie végétale et ancienne chercheuse en biologie moléculaire et cellulaire, je suis maintenant dédiée à la vulgarisation scientifique autour de la biologie des plantes. Le Plantoscope est un outil pour voyager à travers les plantes et la botanique par des anecdotes et des explications simples et accessibles.

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